120 réfugiés entament leur nouveau projet professionnel dans la Creuse
Ils ont été chassés par toutes les guerres du monde. Et c’est à Felletin qu’ils se reconstruisent un avenir. Ils sont Soudanais, Syriens, Afghans, Érythréens, Centrafricains. La plupart d’entre eux sont jeunes, la moitié a entre 18 et 25 ans. Tous bénéficient du statut de réfugiés, et veulent réussir en France.
Des parcours professionnalisantsAu Lycée des métiers du bâtiment de Felletin, ils sont accueillis dans l’expérience #NP4R (« New Page for Refugees »). Ce projet (*), porté par l’association Viltaïs, va concerner 120 bénéficiaires venus de la Creuse, l’Allier, la Corrèze, l’Indre, la Nièvre et la Saône-et-Loire, les six départements cibles de l’expérimentation #NP4R qui ouvre un parcours de huit mois aux réfugiés.
Au cours des dix premières semaines, les réfugiés suivent un socle de formation où ils apprennent par exemple à prendre un rendez-vous téléphonique ou à utiliser une application de planification d’agenda. Ils suivent également un cours de français adapté aux situations professionnelles. Durant cette phase, ils sont hébergés au LMB Felletin.
Des ambitions très variéesLes douze jeunes actuellement en formation initiale constituent la « deuxième cohorte » depuis le lancement de #NP4R le 28 octobre dernier. Ils se sont présentés tour à tour devant un parterre d’élus et de représentants lors d’une rencontre lundi dernier au Lycée des métiers du bâtiment de Felletin. L’occasion de découvrir la diversité de leurs projets professionnels : ils veulent devenir électricien, soudeur, peintre en bâtiment ou encore chauffeur routier.
Les réfugiés du programme #NP4R ont rencontré plusieurs élus et représentants institutionnels. Photo : Bruno Barlier
Ensuite, place à la pratique : l’association Viltaïs met les différents profils en contact avec des entreprises situées dans les six départements de l’expérimentation. La phase d’immersion professionnelle dure seize semaines, augmentant l’employabilité des réfugiés.
Une opportunité pour la CreuseAprès trois mois de lancement du dispositif, les retours sont déjà positifs. La maire de Felletin relève la bonne intégration des réfugiés dans la commune. Abiba, une réfugiée centrafricaine de 19 ans, désormais employée polyvalente à Montluçon, affirme avoir été « très bien accueillie » et tient à « remercier tous les Français ».
Abiba, 19 ans, témoigne de son expérience positive à Felletin. Photo : Bruno BarlierAvec 2.000 offres d’emploi non pourvues dans la Creuse, un tel dispositif est une aubaine pour le département, estime Valérie Simonet, présidente du Département. Yannick Lucot, président de Viltaïs, abonde dans son sens : les chefs d’entreprise qu’il rencontre déplorent le manque de main-d’œuvre, notamment dans le bâtiment ou le secteur agricole. « Il nous faut apporter un témoignage », plaide le sénateur Éric Jeansannetas.
« Quand les acteurs et les élus font le nécessaire, l’inclusion et l’insertion professionnelle des réfugiés se passent bien »
À l’heure où les débats sur l’immigration divisent au niveau national, les acteurs impliqués dans le projet #NP4R entendent démontrer qu‘elle est une chance pour la société française.
Tom Jakubowicz
(*) Il a vu le jour suite à l’appel à projets « Investir dans vos compétences - Intégration professionnelle des réfugiés » lancé par le ministère du Travail.