Réforme des retraites : une aide-soignante explique pourquoi elle a manifesté à Vichy (Allier)
Murielle Faleix a défilé dans les rues de Vichy, ce jeudi, avec sa blouse sur le dos. Pour demander « une reconnaissance » de son métier et parce qu'elle estime ne pas être une privillégiée. Demain, la réforme des retraites souhaitée par le gouvernement pourrait avoir des conséquences sur l'âge minimum de départ des aides-soignants comme elle, et des infirmiers de catégorie B.
Une anticipation au titre de la « pénibilité »Aujourd'hui, ces agents titulaires du service public ont la possibilité de faire valoir leurs droits à 57 ans. Une anticipation au titre de la « pénibilité », et à condition de justifier d’un certain nombre d’années de service.
Si les préconisations du rapport Delevoye sont appliquées, ces fonctionnaires pourraient perdre progressivement cet avantage. Ce que cette aide-soignante du service pneumologie du centre hospitalier de Vichy n'accepte pas.
« Notre métier est physique. Le bassin de population à Vichy est vieillissant. On retrouve automatiquement beaucoup de personnes âgées à l'hôpital. Il y a de la manutention. Nous devons lever, coucher les patients, leur faire la toilette... On est usé. »
« Physiquement, on n'en peut plus »Alors la fonctionnaire dit non, parce qu'elle estime que son quotidien n'a rien à voir avec celui d'une personne travaillant dans un bureau. « On veut garder cet avantage. Je ne vois pas pourquoi on nous le supprimerait, sachant que nous avons un travail physique. Des agents arrêtent leur carrière à 57 ans, car ils sont au bout. On a souvent des arrêts de travail pour des problèmes de dos, de santé. Même si on aime ce qu'on fait, physiquement on n'en peut plus. »
Murielle Faleix a 58 ans. Elle aurait pu faire valoir son droit, mais elle espère pouvoir assurer sa fonction un peu plus longtemps. « Là, c'est mon porte monnaie qui parle », confie-t-elle. « Je vis en couple et mon mari touche une petite retraite. Pour faire bouillir la marmitte et faire en sorte de bien vivre à deux tout en avançant dans l'âge, je vais essayer de pousser jusqu'à 60 ans. Moralement, je peux. Physiquement, je ne sais pas... »
Estelle Dissay