Cyrille, boulanger à Treteau (Allier) : "Il y a presque 600 habitants ici et à peine 100 viennent se fournir chez moi"
La boulangerie multiservices et le tabac-bar-épicerie de Treteau se font face, rue du commerce, à deux pas des entreprises de machines agricoles et de la coopérative la Coopaca.
Tous deux font le constat que quelque chose ne tourne pas à leur avantage. La fréquentation n'est pas au beau fixe, bien que la commune accueille de nombreux salariés et abrite 536 habitants, certes 31 de moins qu'au dernier recensement.
Le boulanger Cyrille Gauthier a fini par poster un coup de gueule via sa page Facebook fin novembre : "Pains pour les poules. Poulets. Canards. Oies, etc. Car environ 600 habitants dans cette commune, mais ils préfèrent faire travailler les grandes surfaces. A bon entendeur, salutations". Il explique : "Quand le vendredi soir, vous avez les paniers plein de pains invendus, vous avez les b... J'aimerais que les gens de la commune fassent travailler les commerces locaux. À peine 100 sur les 600 habitants prennent du pain ici ! "Sa spécialité : "J'utilise un mélange de farines, de la 55, avec de la farine de levain. Ça donne un pain qui n'est pas blanc, mais un peu jaune et il se conserve mieux".
Lui a été conquis par la commune en décembre 2015. "Ca fait cinq ans ! La boulangerie était fermée depuis un an. J'étais en recherche de boulot. J'ai fait la demande pour reprendre auprès de la mairie, qui est propriétaire des murs. J'ai lancé une épicerie, en plus de la boulangerie, quand j'ai ouvert". Sans oublier un dépôt à Sorbier, et un autre à Cindré, qui vient, hélas, juste de fermer.
Sa spécialité : "J'utilise un mélange de farines, de la 55, avec de la farine de levain. Ça donne un pain qui n'est pas blanc, mais un peu jaune et il se conserve mieux".
Pour Danielle Gourdon, gérante du Café des sports (bar-épicerie-tabac) depuis quinze ans, pas de coup de gueule, mais de la résignation : "Il n’y a plus rien à faire. Je sors un tout petit salaire en travaillant de 7 à 19 h tous les jours, en ne comptant ni le loyer ni l'eau, l'électricité, le loyer et le chauffage, car je suis chez moi. Il me reste au moins cinq ans à faire et après... Personne ne va reprendre, c’est illusoire, je ne vais pas vendre, car je sais pertinemment que ce ne sera pas viable. On ne peut pas dire à un jeune qu'il va s'en sortir".
Danielle Gourdon, gérante du Café des sports (bar-épicerie-tabac) depuis quinze ans. Parmi les raisons que le commerce n'est plus comme avant : "Le bar a dégringolé. Ils ont tous leurs salles dans les entreprises ou les associations, sans oublier la salle des fêtes. En fait, je tiens grâce au tabac, qui représente entre 80 et 90 % du chiffre. On faisait restaurant avant, mais les dernières années, on avait un jour quatre personnes, un autre jour cinq et peut-être même un jour à 10 couverts, mais pas trente, non. On a arrêté ».
Diversification tous azimutsTous les deux ont étoffé leurs rayons jusqu'à aller bien au-delà de leur première raison sociale.
Les deux commerces ont un rayon épicerie. A la boulangerie, des conserves, mais aussi des produits ménagers : "C'est le dépôt d'un magasin de Varennes-sur-Allier". Au Café des sports, beaucoup de boissons, des alcools aux sodas, en passant par l'eau minérale.
Ils ont tous deux une belle réserve de bonbons, vendus à 10 centimes l'unité.
Et puis, Chez Cyrille Gauthier, le boulanger, en plus du pain, des entrées, des pizzas et des kebabs certains soirs de la semaines (hors période de fêtes). Mais aussi le journal La Montagne. Le gérant avait même accueilli des articles de pêche en 2017 et installé un distributeur de pain à Jaligny, "Mais ça ne marchait pas, j'ai arrêté".
Dire qu'à une époque, comme le souligne Rolland Dachard, ex-PDG de la concession de machines agricoles du même nom, le bourg fourmillait d'activité.
Mais c'était une autre époque : "Il y avait au moins dix restaurants dans les années 1950. Il n'y en a plus, ça nous manque. les gars vont manger à Montoldre ou à Montaigu-le-Blin".
Mathilde Duchatelle