Ces jeunes qui ont manifesté contre la réforme des retraites à Issoire : "C'est important de penser à notre avenir"
« Allez les jeunes, avec nous ! », lance un manifestant à un petit groupe qui observe les 500 personnes défiler sur le boulevard d'Issoire, ce jeudi soir. Parce que si la mobilisation a été, comme partout ailleurs, très suivie dans la sous-préfecture puydômoise, il fallait chercher un peu pour tomber sur des jeunes. Nous avons interrogé quelques-uns d'entre eux.
Axel, 16 ans, lycéenL'adolescent accompagne ses parents, mais il a déjà sa petite idée sur le sujet.« C'est vrai qu'avant la retraite, il y a nos études, le travail, mais il faut bien y penser même si ça n'arrive pas tout de suite », explique celui qui aimerait intégrer l'ONF.
Réforme des retraites : 15.000 manifestants réunis ce jeudi 5 décembre à Clermont-Ferrand
Ce jeudi, comme beaucoup, il n'est pas allé en cours car ses professeurs étaient en grève. Mais il n'a pas retrouvé de copains de classe à la manifestation d'Issoire.« Pourtant, c'est important de manifester et de penser à notre avenir. »
Alyson, 20 ans, boulangèreElle se lève aux aurores, vers 4 voire 3 heures du matin, pour aller travailler dans la boulangerie d'un centre commercial d'Issoire. C'est la première fois qu'elle bat le pavé. Elle est venue avec son père et pensait voir plus de jeunes gens défiler à leurs côtés, ce jeudi soir.
A 20 ans, elle travaille déjà depuis quatre ans, depuis qu'elle a débuté son apprentissage. La retraite, elle y pense déjà un peu. Et avec cette réforme, elle craint surtout de partir avec une maigre somme : « On n'aura plus droit à rien », résume-t-elle.
Aurélie, 24 ans, travaille en EhpadPour elle, ce rassemblement est une première. « Il faut penser à protéger ce qui a été acquis mais les jeunes ne se sentent pas assez concernés », regrette-t-elle.A 24 ans, elle travaille depuis trois ans dans un Ehpad d'Issoire. Son premier poste. Et aujourd'hui, c'est l'âge du départ à la retraite qui l'inquiète :
Disons que je ne me vois pas m'occuper de personnes âgées en ayant le même âge qu'elles !
Accompagnée de certaines de ses collègues, Aurélie ajoute : « Je vois leurs conditions de travail et forcément, je me pose des questions. Je me demande aussi avec quoi on va vivre à la retraite, et si on en aura une... »
Christopher, 26 ans, paysagisteIl est syndiqué CGT depuis cette année. Et c'est donc la première fois qu'il manifeste avec ses camarades. A 26 ans, le jeune homme a eu envie de mieux connaître les lois et ses droits pour mieux les défendre. Paysagiste à la Ville d'Issoire, il n'a pas envie de partir tard à la retraite « surtout avec le métier que je fais ».
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Alors lorsqu'on lui demande s'il trouve que les fonctionnaires sont privilégiés, ça l'agace un peu... « C'est un boulot comme tout le monde, que les gens viennent voir un peu ! On taille des arbres, on travaille dehors. C'est quand même très physique », répond-il sans se plaindre.
Il aurait aimé voir plus de jeunes, comme lui, dans les rues d'Issoire. « C'est dommage qu'il n'y en ait pas plus. Je crois qu'ils n'ont pas envie de s'impliquer ou plutôt, ils ne se sentent pas concernés alors que c'est tout de suite qu'il faut se battre. »
Marielle Bastide