Condamné pour avoir frappé sa femme et fille, à Clermont-Ferrand : "Un tyran pendant 40 ans ! "
À 79 ans, le prévenu n’entend plus très bien. Christine Loriot-Lhotellerie, la présidente de l’audience, est presque obligée de crier pour se faire entendre. Mais le vieil homme reste surtout sourd à ce qu’on lui reproche : des violences à l’encontre de sa femme de 85 ans et de sa fille de 47 ans. Des coups qui ont valu 21 jours d’ITT à la première et 5 jours d’ITT à la seconde.
Des claques, des insultes...Plus effroyable encore est la vie entière de terreur décrite par les victimes lors de leurs auditions. « Votre fille indique que la situation dure depuis plus de 40 ans », rapporte la présidente. Derrière le frêle septuagénaire, né au Portugal, se cacherait un véritable tyran domestique. Un père autoritaire qui n’aurait pas seulement distribué les claques et les insultes mais aurait aussi abusé sexuellement de sa fille, se masturbant devant elle, tentant de la caresser...
Elles ont brisé le silenceSelon Me Anne-Lyse Morel, son avocate, celle-ci a malgré tout décidé de rester au domicile « pour protéger sa mère », qui n’était pas mieux lotie en matière de violences. « La personne dont elles avaient le plus peur, c’était leur mari et leur père ! » Il a interdiction de les voir depuis un an.
"Aujourd’hui, après avoir tenté à plusieurs reprises de dénoncer ces faits, elles sont soulagées de se sentir enfin écoutées. Mais ce qu’elles veulent surtout, ce sont des excuses !"
Me Anne-Lyse Morel, avocate des victimes
Cet acte de contrition, au cours de l’audience, ne viendra pas. « Ce n’est pas vrai, ce n'est pas vrai... », n’a cessé de clamer le prévenu d’une voix fatiguée. Christine Loriot-Lhotellerie, Me Anne-Lyse Morel, et même son avocate, Me Manon Cherasse, ont eu beau tenter de lui soutirer ces regrets tant espérés. En vain. « Il faut que ça s’arrête ! » a fini par s’agacer la première.
Plus de contact avec les victimes« Sa vie, son âge font que reconnaître ce qu’il a fait est pour lui très compliqué », a souligné son conseil. Le tribunal l’a condamné à 12 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans, avec l’interdiction de rentrer en contact avec sa femme et sa fille. Il avait demandé à revoir son épouse, malade, qui aurait besoin de lui. « Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas besoin de vos claques ! », a tonné la présidente.
Tél. 3919. Les femmes victimes de violences peuvent contacter ce numéro d'urgence, gratuit et anonyme, accessible 7 jours sur 7.
Olivier Choruszko