2.300 à 2.500 personnes défilent contre la réforme des retraites à Moulins
La mobilisation a été forte, ce jeudi matin, dans la préfecture de l’Allier où entre 2.300 (selon la police) et 2.500 (selon les syndicats) personnes ont défilé derrière la banderole unitaire brandie par la CGT, FO, la FSU et Solidaires.
Une heure et demie de défiléA la satisfaction des représentants syndicaux, pendant une heure et demie, salariés de la fonction publique et du secteur privé ont clamé leur opposition à la retraite par points souhaitée par le gouvernement d’Emmanuel Macron.
Dans le cortège, des personnels du centre hospitalier de Moulins-Yzeure, des salariés de PSA-fonderie de Sept-Fons, des employés de Carrefour Moulins, des ouvriers de Potain, entre autres. Des enseignants aussi, annoncés comme les grands perdants de la réforme des retraites.
Les enseignants dans la rueSous un panonceau du lycée Banville, Philippe, prof de maths, et Gilles, prof de SVT, ne décolèrent pas : « Une retraite à 1.200 € alors qu’on a bac +5 ? La réforme proposée par Delevoye, c’est 30 % de moins pour notre retraite. Les conditions de travail ont changé : plus d’élèves, plus de pénibilité. Qui voudra encore éduquer nos enfants dans ces conditions ? ».
Richard, ouvrier chez Potain, ne se voit pas encore au travail à 64 ans. « On fait les trois-huit, il y a le bruit, la pénibilité. Un ouvrier a sept ans d’espérance de vie de moins qu’un cadre. La retraite par points va encore rogner des pensions déjà peu élevées. On en est à la survie ».
Piquet de grève devant le centre du courrierDe premiers piquets de grève s’étaient formés, dès 6 heures du matin, devant le centre de tri du courrier de l’agglomération à Yzeure (pas de distribution de courrier dans l'agglomération) et le dépôt du réseau de transports urbains Aléo à Moulins (des perturbations mais des bus circulaient sur plusieurs lignes).
Pascal Larcher
Devant le commissariat de police
Les policiers n’ont pas le droit de grève, mais ils se sont rassemblés symboliquement, ce jeudi à midi, devant le commissariat de Moulins, pour protester contre le projet gouvernemental. Pendant que des collègues surveillaient la manifestation, une douzaine de fonctionnaires de police se sont réunis devant leurs locaux moulinois. « Maintenant, on part à 57-58 ans. Nous sommes obligés de prolonger pour avoir une retraite décente. Vous nous voyez courir après des délinquants à 62-64 ans ?, s’indigne le major Christophe Angiolini, secrétaire départemental du syndicat Alliance. Nous sommes la seule profession, avec les gendarmes, à faire face à un risque létal 24 h/24 ».Les policiers attendent aussi « des réponses de Castaner » à d'autres revendications : manque d’effectif sur la voie publique et en investigation. « Faute de quoi, il y aura d’autres actions ». Dans la matinée, de faux timbres-amende avaient été apposés sur les pare-brise des voitures, « pour aviser les usagers des difficultés que nous rencontrons et de notre statut ».