La qualité du blé de l'Allier attire le fabricant de pâtes italien Barilla
Si Barillla est connu pour ses spaghettis, la marque italienne fabrique aussi des biscuits, sous la marque Mulino Bianco (Moulins blanc) mais aussi Pavesi et Wasa. Un secteur qui a fortement progressé ces deux dernières décennies.
« Pour fabriquer des pâtes, il faut du blé dur, et pour la biscuiterie, du blé tendre. Or, l'Italie produit surtout du blé dur. Et dans l'Allier, nous produisons du blé tendre, et il faut le dire, de qualité un peu supérieure aux autres régions. Barilla est donc venu nous chercher dans les années 90 », raconte Yves Courrier, le directeur de la Coopaca.
Aujourd'hui, la coopérative agricole basée à Treteau couvre environ 30 % des besoins en blé tendre de Barilla et expédie directement le blé de ses adhérents jusqu'au siège du groupe, à Galliate.
La Montagne était à Treteau ce jeudi 5 décembre dans le cadre des élections municipales 2020.Aujourd’hui, vendredi 6 décembre, rendez-vous à Laprugne, sur la place de la mairie, dès 8 heures.Municipales 2020 : électeurs de l'Allier, à vous la parole
Mais Barilla n'est pas le seul client italien de la Coopaca, loin de là : « Environ 30 % des blés la Coopaca sont achetés par des moulins italiens, dont 10 % par Barilla ».
Pourtant, Barilla exerce une influence importante sur les agriculteurs bourbonnais.
Le grand virage vert de Barilla« Au début des années 2010, Barilla a dû se remettre en question après que des journalistes ont révélé que ses produits étaient fabriqués avec du blé canadien et américain, aux normes sanitaires différentes. Le coût environnemental a aussi été pointé du doigt. Le géant italien a alors mis en place une nouvelle politique d'approvisionnement en matière première, en se fournissant en Italie ou en France. Cette politique réclame aux céréaliers une démarche durable », relate le directeur.
Depuis deux ans, les adhérents de la Coopaca qui vendent pour Barilla ont dû s'adapter à un cahier des charges très strict, avec un engagement sur cinq ans.
Deux contraintes à respecter pour Barilla : 3 % des surfaces agricoles doivent être laissées en jachère mellifère et l'asolement doit impliquer au minimum trois cultures différentes dont une légumineuse.
Autre contrainte environnementale exigée par Barilla : pas d'insecticides pendant le stockage, mais ça, c'est quelque chose que la Coopaca appplique à toutes ses céréales stockées. La température dans les silos descend à 8° et un système de ventilation améliore la conservation.
La Coopaca s'inscrit dans deux autres filières blé de qualité : la filière CRC (culture raisonnée contrôlée qui comprend le Label rouge) et la filière Charte de production française.
« Sur le blé standard aujourd'hui, c'est la guerre pour arriver à vendre. Monter en gamme en améliorant la qualité permet de sécuriser les débouchés avec les industriels », insiste Yves Courrier. Et le directeur de présenter l'objectif 2020 : atteindre 55% de blés collectés inscrits dans une filière.
La Coopaca en chiffres : Année de création : 1936, à TreteauNombre d'exploitations adhérentes : 1.126Nombre de salariés en 1983 : 18Nombre de salariés en 2019 : 70Nombre de sites : 8Capacité de stockage totale : 135.000 tonnes de céréalesStocks par ordre décroissant : Treteau, Saint-Martin-des-Lais, Varennes, Dompierre, Lusigny, Saint-Léon, Droiturier, BeaulonChiffre d'affaires de la filière collecte : 34.468.262 €CA total : 35 M€
Stéphanie Ména