Plus de 500 manifestants à Ussel prêts à poursuivre le mouvement contre la réforme des retraites
Cinq cents au départ de la gare ce matin à 10 h 30, près de 600 à l'arrivée devant l'hôpital sur les coups de midi. Le cortège de manifestants remontés contre la réforme des retraites a traversé le centre-ville d'Ussel dans une ambiance bon enfant.
Mais dès les premiers pas, la détermination guidait chacun, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, retraités et actifs, salariés du privé comme de la fonction publique. Tous "so-so-solidaires !", comme l'a martelé au micro le leader local de la CGT, contre un projet de réforme aussi obscur qu'inquiétant.
En cortège de la gare à l'hôpîtalOn n'a pas envie d'avoir une retraite de merde, tout simplement !
"Et on voit mal comment on pourrait travailler plus longtemps", poursuivent Noémie et Françoise. "Déjà aujourd'hui, avec les astreintes, à se lever quatre fois par nuit, c'est difficile. A force, on va travailler en plus mauvais état que nos patients."
Edwige, elle, est agent de service des industries. "Je suis contre, parce que je suis une femme et qu'ils veulent nous enlever nos acquis liés aux enfants, et j'ai eu une carrière hachurée... Je n'aurais plus de quoi vivre correctement à la retraite si ce projet passe."
"Là, ça suffit !"Derrière sa grande banderole dénonçant "le mépris, ça suffit !", ce prof de collège est amer, et pas seulement à cause de la réforme des retraites : "Tout est nivelé par le bas, on a l'impression qu'il ne veulent plus du service public, alors que l'éducation justement, c'est pour l'avenir ! On a de la bonne volonté, on n'a pas fait grève pour des problèmes peut-être moins importants, mais là, ça suffit !"
Toutes et tous motivés déjà pour poursuivre ce mouvement de protestation national au-delà de cette journée du 5 décembre. "Ça peut durer tant qu'on n'obtient rien", reprennent en chœur Noémie et Françoise. "Même si nous, dans la santé, on est réquisitionnées, même si on ne peut faire grève qu'une heure par jour, il faut que ça aboutisse à quelque chose."
Tous ensemble comme les Gilets jaunes"J'espère que ça va durer dans le temps, reprend Edwige, l'agent de service des industries. J'espère qu'on ne lâchera rien et que le gouvernement va revenir sur sa position, parce que là, ils vont trop loin ! Les Gilets jaunes déjà, ça créé quelque chose ; on était solidaires, ça a recréé du dialogue. J'espère que tous ensemble, on pourra faire quelque chose."
"On entend souvent dire que la grève, les manifestations, ça ne sert pas à grand chose, reconnaît l'enseignant. Mais on a quelle autre solution pour se faire entendre ?"
La suite se prépareAlors comme la majorité des manifestants ussellois ce matin, il est prêt à redescendre dans la rue, dès la semaine prochaine. Pour conserver cette mobilisation intacte, en tête de cortège la CGT prévient : dès demain, elle fera le tour des commerces et des entreprises de la ville pour informer sur le droit de grève et rassembler encore les salariés, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, du privé comme du public.
Blandine Hutin-Mercier