Âge de départ, cotisations... ce que proposent les différents partis d'opposition
Voici les principales propositions des partis d'opposition LFI, LR, PS, RN et Verts sur les retraites, avant la journée de grève jeudi contre la réforme du gouvernement :
La France insoumiseLe parti est pour un départ à 60 ans en cas de carrière complète mais aucune pension inférieure au Smic (1.326 euros). Il propose :
- un minimum vieillesse à 1.041 euros, c'est-à-dire au-dessus du seuil de pauvreté.
- une augmentation, par décret en ce qui concerne le Smic, des salaires pour augmenter le montant de cotisations. Une hausse de 1% "c'est 2,5 milliards d'euros de cotisations en plus", selon le numéro 2 de LFI, Adrien Quatennens.
- la suppression de l'inégalité des salaires entre femmes et hommes.
- "une contribution des revenus du capital"
- "la réhabilitation de la cotisation"
Jean-Luc Mélanchon. Photo AFP
Les Républicains (LR)Les Républicains sont gênés sur cette réforme, qui s'inscrit dans la continuité de chantiers lancés par la droite, que ce soit l'alignement du public sur le privé (tenté par Alain Juppé en 1995, engagé ensuite en 2003 par Jean-Pierre Raffarin) ou les régimes spéciaux (qu'avait commencé Nicolas Sarkozy en 2007).
Le député Eric Woerth a d'ailleurs appelé le gouvernement à "terminer le travail" sur les régimes spéciaux.
S'en prenant à la méthode, le président des Républicains Christian Jacob a fustigé de "fausses promesses". Le comité stratégique du parti a déploré "un projet flou sans ligne directrice qui génère inquiétude et anxiété".
Christian Jacob. Photo AFP
Sur le fond, LR veut préserver le pouvoir d'achat des retraités en refusant "toute hausse des cotisations ou toute baisse des pensions". "L'âge de départ devra être progressivement aligné sur la hausse constatée de l'espérance de vie, tout en tenant compte de la pénibilité de certaines carrières".
Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau estime qu'il faut "garantir la valeur du point pour garantir le pouvoir d'achat", et ce par "une augmentation de l'âge de la retraite, à 64 puis 65 ans".
Le Parti socialiste (PS)Le PS n'a pas de contre-projet mais définira ses mesures au moment de l'arbitrage rendu par le gouvernement.
Le parti à trois grands principes directeurs:
- la prise en compte de la pénibilité
- l'égalité hommes-femmes dans les salaires et les carrières
- une retraite minimum garantie, soit en pourcentage soit en valeur
Les fonds de réserve public ou privé, le fait que le trou de la Sécu soit comblé dégageront d'autres ressources.
Olivier Faure. Photo AFP
Autre piste de financement : taxer les transactions financières et mettre à contribution les hauts revenus.
Le Rassemblement national (RN)Le RN propose un départ à 60 ans si le salarié a bien 40 années de cotisations.
Pour financer le système, il envisage de:
- faire des économies en réduisant la contribution versée par la France à l'Union européenne et les dépenses liées à l'immigration
- créer des emplois: "Un million d'emplois créés, c'est 25 milliards de recettes supplémentaires"
- favoriser la natalité
Marine Le Pen. Photo AFP
Une fois les économies faites, "si on s'aperçoit que le système ne peut pas fonctionner", Marine Le Pen n'exclut pas de demander aux salariés, par référendum, de travailler "un ou deux ans de plus".
Les Verts (EELV)Europe Ecologie Les Verts veut remettre en cause la stabililisation des financements des retraites à 14% du PIB pour faire face à l'augmentation du nombre de retraités.
- Le principe de pénibilité doit être pleinement préservé.
- départ à 62 ans mais en prenant en compte les années d'étude.
Enseignants, cheminots, avocats... qui fera grève le 5 décembre ?
Yannick Jadot. Photo AFP Pour générer de nouvelles recettes, EELV propose de:
- réduire le temps de travail afin de créer des emplois et réduire le chômage. Soit par les 32 heures par semaine, soit en agissant sur la durée de vie professionnelle.
- augmenter les cotisations sociales, mais aussi les rémunérations
- l'égalité hommes/femmes, ce qui implique des cotisations plus élevées.
- des cotisations sociales appliquées aux stocks-options et à l'intéressement.