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Équateur : retour sur la crise sociale

Deux ans après son élection à la présidence de l’Equateur, Lenín Moreno a été confronté début octobre à sa première crise gouvernementale de grande ampleur. Luttant contre les mesures d’austérité imposées par le Fonds Monétaire International (FMI), des milliers d’équatoriens ont paralysé le pays pendant 12 jours. La forte mobilisation et les violences qu’elle a entraîné ont mis en péril la stabilité du gouvernement.

Le FMI et ses mesures d’austérité au cœur des tensions en Équateur. Crédits : El Financiero.

Le calme est revenu à Quito après la conclusion dimanche 14 octobre d’un accord entre le gouvernement de Lenín Moreno et le mouvement indigène, fer de lance de la contestation. Le retrait par le président du décret supprimant les subventions des carburants a mis fin à onze jours de violentes manifestations qui ont fait au moins huit morts et plus de 1300 blessés.

Le “paquetazo” du FMI

La présentation d’un plan d’austérité draconien a entraîné une vague croissante de manifestations. Depuis les années 1960, l’Équateur, pays riche en pétrole, puise sa principale source de revenus dans l’or noir. L’économie équatorienne présente une double dépendance envers la rente pétrolière et le dollar, monnaie officielle du pays depuis 2000. Or, la conjoncture internationale a entraîné depuis 2014 la baisse des prix du pétrole et la hausse du dollar. En crise, la situation économique équatorienne a de plus été aggravée par le ralentissement de la croissance de la Chine, alors que le pays est dépendant à la dette chinoise.

Après l’échec du corréisme à sortir de la double dépendance dollar-pétrole, le gouvernement de Moreno a pris un virage clair en faveur des mesures néolibérales préconisées par le FMI. En tentant de réduire le besoin de dollars en comprimant la dette interne et le déficit public, et de lutter contre la déflation, l’Équateur s’est alors tourné vers les instances financières internationales pour compenser la baisse des réserves de dollars de la Banque centrale afin d’éviter la dédollarisation. Le FMI, la Banque mondiale, la Banque latino-américaine de développement et la Banque interaméricaine de développement ont accepté, en mars, de soutenir l’Équateur à hauteur de 10,2 milliards de dollars.

Le “paquetazo” (“gros paquet” en espagnol) était assorti de conditions : Moreno devait notamment réduire les dépenses publiques pour toucher les 4,2 milliards de dollars promis par le FMI. Une réforme visant à rendre plus flexible le code du travail (embauches et licenciements facilités, contrats sans durée minimum), à privatiser les retraites et à réduire la durée des congés payés (de 30 à 15 jours annuels pour les fonctionnaires) a été annoncée. Un premier décret de mesures économiques est entré en vigueur dès le 3 octobre.

Le décret 833 au cœur des tensions en Équateur

Si les autres mesures annoncées par le gouvernement sont impopulaires, c’est le décret 833 qui a mis le feu aux poudres. En évoquant la nécessité de “corriger les graves déséquilibres de l’économie équatorienne”, le président avait annoncé par décret la suppression des subventions à la vente de produits pétroliers. Mises en place il y a quarante ans, elles coûtaient 1,3 milliards de dollars par an à l’État. L’Équateur a, dans le même temps, annoncé sa volonté de quitter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) afin que Quito ne soit plus soumis aux quotas de l’organisation. Or, dans un pays où le transport routier est roi, le prix du carburant est un point sensible. Les prix à la pompe ont doublé. Les tarifs des transports en commun ont augmenté de 40%.

Les syndicats des transports (autobus, camions, taxis) ont été les premiers à organiser une grève nationale jeudi 3 octobre. Ils ont bloqué les routes et autoroutes du pays, paralysant l’activité économique de plusieurs villes majeures. Après des discussions avec le gouvernement, ils ont suspendu leurs actions le 5 octobre. Les manifestations de masse se sont cependant poursuivies. Elles ont rassemblé des milliers d’autochtones, d’étudiants ou encore des organisations de défense des droits de l’homme. Les indigènes sont les plus touchés par le décret 833 : ils représentent à la fois 25% de la population d’Équateur et 68% des pauvres du pays. La hausse des coûts de transport limiterait leurs possibilités d’écouler leurs produits issus de l’agriculture, qui représente leur principale manne financière.

Manifestations, état d’urgence et contrôle militaire à Quito

La CONAIE, principal mouvement autochtone d’Équateur

Des dizaines de milliers d’Indiens et de paysans ont ainsi protesté contre la mesure pendant 12 jours d’intenses tensions. Ils ont bloqué les routes, mis à l’arrêt les transports publics mais aussi les puits pétroliers en Amazonie. 70% de la production de brut du pays a ainsi été suspendue. Mardi 9 octobre, des protestataires ont brièvement pénétré de force dans le Parlement équatorien.

Face à l’intensité des manifestations et des émeutes, Moreno avait instauré un couvre-feu et le contrôle militaire de Quito. Décrétant un état d’urgence pour 60 jours, le président avait transféré le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest). Il avait annoncé le déploiement de 74000 policiers et militaires pour sécuriser la capitale et les points stratégiques du pays.

La principale organisation indigène d’Équateur, la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur avait dans un premier temps refusé le dialogue. La CONAIE avait argué qu’elle ne négociait pas avec un “gouvernement assassin” dans un communiqué signé par son président Jaime Vargas. Elle avait appelé à “radicaliser les actions” de protestation, imposant comme préalable à toute négociation l’abrogation du décret 833.

Recul du gouvernement

Avec la médiation des Nations Unies et de l’Église catholique, le gouvernement équatorien et le mouvement indigène ont finalement trouvé dimanche 13 octobre un accord pour sortir de la crise sociale. Face à la révolte populaire, Moreno a été contrait d’abroger le décret ayant mis fin aux subventions au carburant. Les deux parties ont convenu de préparer un nouveau décret, avec la mise sur pied d’une commission commune. Lundi 14 octobre, le gouvernement a levé l’état d’urgence et le couvre-feu à Quito.

Pour autant, la victoire n’en est pas vraiment une. Le décret 833 ne représente que la partie émergée du mécontentement populaire. Lenín Moreno a rompu avec la politique économique mise en place par Rafael Correa depuis 2007, prônant un tournant néolibéral. Il a appliqué de larges coupes budgétaires dans le domaine de la santé et de l’éducation. Le gouvernement Moreno a également supprimé des milliers de postes dans le secteur public. En conséquence, le taux de pauvreté et les inégalités se sont envolés au cours du mandat de Moreno. Selon les chiffres officiels, le taux de pauvreté structurel a augmenté de 2,4 points en deux ans, atteignant 25,5%. Plusieurs économistes estiment qu’il dépassera 30% si l’ensemble des mesures de Moreno est mis en place. L’extrême-pauvreté a connu une hausse similaire, passant de 8,4 à 9,5%.

En outre, la plupart des mesures d’austérité, tout aussi impopulaires, ont été maintenues. L’exécutif doit désormais présenter les réformes suggérées devant l’Assemblée, où le gouvernement ne dispose pas de la majorité. Les Equatoriens craignent de plus l’annonce d’un deuxième ensemble de mesures d’austérité, une fois les premières acceptées. Le gouvernement s’est aussi engagé auprès du FMI à promulguer un nouveau décret concernant les subventions au carburant. Enfin, les experts ont estimé à 1,5 milliard de dollars les pertes économiques liées à la crise. Cela représente un nouveau coup dur pour l’économie équatorienne, qui devrait entrer en récession en 2020 (-0,5% de croissance.

Le retour de Correa ?

La victoire populaire ne pourrait donc bien être que temporaire. En effet, le paquet du FMI est toujours d’actualité. Le gouvernement devra également promulguer un nouveau décret, avec le même objectif d’économies. En outre, la reprise du mouvement indien pourrait ramener d’autres problématiques sur le devant de la scène. Les Indiens, réprimés par le gouvernement Correa, continue d’être un groupe politique puissant en Equateur. Leurs revendications concernent la volonté de plurinationalité et d’autonomie territoriale, la politique d’appauvrissement systématique ou les problèmes agricoles.

Une crise politique pourrait également s’ajouter à la crise sociale. Moreno a accusé Rafael Correa d’avoir activé un plan de déstabilisation de l’Équateur avec l’aide du Venezuela de Nicolas Maduro. “Des forces obscures, liées à la délinquance politique organisée et dirigées par Correa et Maduro, avec la complicité du narcoterrorisme, de bandes criminelles, de citoyens étrangers violents, ont causé une violence jamais vue auparavant”, a-t-il déclaré.

Cependant, si l’ancien président a appelé à la tenue de nouvelles élections depuis la Belgique où il est en fuite de peur de poursuites judiciaires, la CONAIE s’est éloignée de toute tentative d’appropriation du mouvement populaire d’octobre par les correístas. Elle n’a jamais demandé la démission de Moreno, seulement celles de ses ministres de l’Intérieur et de la Défense. Le mouvement autochtone ne cherche pas à destituer le président en place. Il souhaite en effet lui faire changer de position pour une politique sociale plus favorable aux classes défavorisées. Le soulèvement en lui-même n’a à aucun moment exprimé la volonté du peuple de ramener l’ancien président au gouvernement.

L’article Équateur : retour sur la crise sociale est apparu en premier sur Les Yeux du Monde.



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