Pour la première à Tulle, Jérémy Corallo s'amuse autant des Corréziens que des autres
« Ah ! c’est pas terrible, hein Michel ? Bah, à ce prix là, il fallait pas s’attendre à mieux ! » La salle éclate de rire.
Jérémy Corallo se glisse dans la peau d’une spectatrice de son propre spectacle, un brin bruyante et mécontente, en plein divorce. « Tu vas voir que tu me disais, on va découvrir un nouveau talent… Mais non, il faut jamais aller voir les jeunes ! » Aux réponses du public, hilare, aucun doute, cette dame se trompe. Quelques piques bien placées pour le président de la république...Le jeune comédien, natif de Tulle, n’a pas épargné son public préféré. « Ils sont venus avec les deniers qu’ils ont probablement gagnés en vendant des poireaux ou des tomates », suppose-t-il, volontiers dans la caricature. Avant d’aussitôt contrebalancer en se moquant des Parisiens amateurs de brunch à « tu te tiens bien ? 75 €, tout à volonté, même le pain ! »
D’abord caissière, puis fou, architecte, comédien manqué et prétentieux, puis vieil immigré algérien, le comédien enchaîne les rôles, les personnages et les fous rires.Corinne, la caissière désabusée pas vraiment à l'aise avec la discrétion.L’architecte : « je me suis dit : est-ce qu’on ne ferait pas autre chose qu’un lieu de culte ? » Osé et risqué pour un prétendant à la reconstruction de Notre- Dame de Paris. « Les cierges tu me dégages ça, on met des leds, c’est bien mieux ! »
Le chibani, enfin bénéficiaire de la nationalité française après 50 années de bons et loyaux services : « c’est plus long que le voyage vers la lune, elle se laisse désirer cette vieille dame qu’est la France… »Bertrand, « le fou » à qui la société « fait quand même un peu peur ». Et, bien sûr, qui dit spectacle sur ses terres dit blagues bien à propos. « Vous me dites que ça va mais non, vous êtes à Tulle ! » La tour administrative, les berges de la Corrèze « qui ont coûté 2 millions et sur lesquelles j’ai jamais mis les pieds » et cette « odeur de foin des provinciaux ». Joyeux menteur, ravi comme au premier jour de jouer devant son public favori.
Robin Bouctot