Ville et communauté de communes ont tranché sur l'avenir de l'abattoir municipal d'Ambert (Puy-de-Dôme)
« On arrive au bout d’un système, il faut en trouver un autre », résume Myriam Fougère à propos de l’abattoir municipal d’Ambert dont la Seama, sa société d’exploitation, a été placée en redressement judiciaire le 11 avril dernier. En cause, des résultats négatifs avec un tonnage toujours insuffisant et un manque de personnels.
D’où cette procédure prévue d’abord pour six mois où les différents partenaires autour de la ville (Parc naturel régional Livradois-Forez, communauté de communes Ambert Livradois Forez notamment) devaient jeter les bases d’un plan de redressement.
« On lance un message fort aux usagers »En juin, une étude juridique a été confiée au cabinet Fidal afin de déterminer le mode de gestion le plus adapté à la structure de l’abattoir. Selon elle, « le plus judicieux serait une Sem (société d’économie mixte) associant les différents acteurs : commune, communauté de communes, Seama », décrit le maire d’Ambert. L’intérêt est double : d’abord, pour Myriam Fougère :
On lance un message fort aux usagers. Il faut qu’il y ait cette prise de conscience que c’est un outil collectif et non juste de quelques-uns
Ensuite, au niveau de la gestion pure : mieux qu’un affermage, « les collectivités pourront être partie prenante dans la gestion », avec l’envie de professionnaliser davantage la structure avec un futur directeur compétent dans « les domaines agroalimentaire, animalier et commercial et qui pourra aller chercher de nouveaux marchés ». Parmi les pistes figure aussi l’obtention d’une certification bio pour l’atelier de découpe. Dans la droite ligne des actions déjà menées, les travaux de modernisation par exemple, accomplis en 2017 et 2018 à hauteur de 741.000 € HT. Ils concernaient les chaînes d’abattage, le dépouillage des ovins, les installations frigorifiques ainsi que des interventions sur l’électricité, la plomberie, l’étanchéité ou encore les sols.
Un transfert à ALF en 2021D’où la nouvelle compétence votée mardi dernier en conseil communautaire permettant à ALF de gérer un abattoir et un atelier de découpe mais aussi de participer à une structure publique (de type Sem, SPL ou syndicat mixte). Hier soir, c’est cet engagement dans la Sem que les élus du territoire, réunis en conseil communautaire à Saint-Anthème, devaient valider. « On va ensuite se donner un an avant de transférer totalement l’outil à ALF en 2021 », explique Myriam Fougère. Entre temps, le juge du tribunal de commerce a accordé une prolongation de l’activité pour six mois.
La Seama devrait, elle, poursuivre la gestion de l’équipement jusqu’à la prise de compétence par ALF. « On va aussi faire une réunion avec les usagers pour expliquer ce qu’on fait. Il y a un besoin de pédagogie et de communication. Cet équipement a de l’avenir, j’y crois beaucoup », assure Myriam Fougère.
François Jaulhac francois.jaulhac@centrefrance.com