Marc Lavoine en concert à Cébazat (Puy-de-Dôme) avec un nouveau best of en poche
Marc Lavoine vient de sortir le best of Morceaux d’amour (triple CD, chez Barclay) avec une rafale de tubes, sept titres inédits dont de nombreux duos. Comme il se la raconte…
Un best of ! Ça vient de vous ? De la maison de disque ?
« C’est une proposition intéressante qu’on m’a faite parce qu’il y a effectivement 35 ans de travail et que le disque n’existera plus bientôt. Du coup, ça laisse une trace. C’est aussi l’occasion de mettre en avant certaines anciennes chansons comme le duo avec Julie Depardieu ainsi que des inédits avec Calogero, Clara Lucciani, avec mon frère et la nouvelle équipe de production dont Darko qui a fait les chansons de Julien Doré. C’était aussi une raison pour prolonger la tournée avec autre chose que l’histoire d’un nouvel album… peut-être l’histoire d’un type qui, depuis trente-cinq ans, fait des chansons et rencontre des gens. Oui, j’aurais pu enchaîner directement avec un nouvel album, que je suis en train de préparer d’ailleurs, mais finalement ce best of, vis-à-vis du lien qui s’est établi avec le public, ça apporte quelque chose de plus riche en sentiments. »
Ça a été l’occasion d’un petit bilan de carrière ?
« Honnêtement, non. Pas de point. Pas de bilan. Ce qui m’intéresse, c’est l’avenir et surtout être là maintenant. Chez moi, je n’ai pas de photo, pas de disque d’or. Les choses sont faites. Évoluons tout simplement. Je ne veux pas rentrer dans mon musée. »
Avec vous le bonheur et le chagrin font toujours bon ménage ?
« On se construit là-dessus. Mes chansons ont toutes le même point de départ : ma mère. Les émotions que je décris sont celles que j’avais quand je la regardais, quand je la retrouvais, quand je vivais avec elle. Le reste, c’est du travail : je me retrouve devant ma feuille blanche, avec juste une musique dans la tête qui me donne l’intérêt de travailler sur un thème. Les mots ne viennent pas parce que je les vis mais parce que je vais les chercher. J’aime prendre le temps de construire ma pensée. »
Et au bout de trente-cinq ans de carrière, pas de crise d’inspiration ?
« Ce qui m’intéresse, c’est l’autre : tant que je n’aurai pas cette fin de non-recevoir des émotions, tant que j’aurai cette palpitation permanente qui me fait avoir envie de rencontrer les yeux d’un autre, de mettre la main dans la main d’un autre, tant que j’aurai ce souffle, j’irai sur scène. »
Et sur scène, comment on fait vivre un best of ?
« D’abord, il y a la nouvelle équipe de musiciens qui sont des gens très créatifs. Mon travail à moi, c’est de raconter d’où je viens, qui étaient mes parents, quelles étaient leurs valeurs. C’est aussi pour ça que j’ai adoré aller faire l’ouverture à la Fête de l’Huma devant 120.000 personnes. C’est important de raconter une histoire. Ce best of la raconte : la petite chambre que je partageais avec mon frère quand on a commencé à discerner le monde à travers les artistes qui nous fascinaient. Je chante et je raconte tout cela avec humour et poésie. »
Marc Lavoine photo Saïkusa Satoshi
Et s’il ne fallait garder que quelques chansons…
« En tant qu’auteur, il y a les chansons et tout autant les personnes, les visages qui se cachent derrière. Alors, forcément, je pense aux Yeux revolver, à Qu’est-ce que t’es belle, Chère amie avec Françoise Hardy, J’ai tout oublié, Reviens mon amour. Mais Paris, C’est ça la France, Je reviens à toi, Le pont Mirabeau, ça reste un axe fort de mon travail sur la culture, les racines, le monde d’où je viens, le mélange des cultures. On y entend mes passions et celle en particulier pour le pays dans lequel je vis. »
Pierre-Olivier Febvret
Les artistes de Sémaphore en chanson. Par ordre d’apparition, du 8 au 15 novembre : Bodie, Jules, Mathieu Lippé, Guillaume Farley & Gaële, Malik Djoudi, Emilie Marsh, Jeanne Cherhal, Fafapunk, Suzanne et 17 Hippies, Damien Robitaille, Alice on the roof et Elisapie, Marc Lavoine, Foé, Armelle Ita et Ma Pauvre Lucette, Foray, Loane et Stephan Eicher.Plus d’infos et réservations au 04.73.87.43.41 et sur semaphore-cebazat.fr