Les Jardiniers du Bourbonnais mettent les pieds dans l’eau
« Il faut changer nos habitudes »
Eau, source de vie. Un constat incontestable, que l'association Les Jardiniers du Bourbonnais ont souhaité rappeler, vendredi, lors d'une conférence qui lui était dédiée. « Ceci afin d'agiter les consciences, rappelait Claude Grollet, président des Jardiniers du Bourbonnais, qui constate depuis 24 ans les échecs successifs lors des conférences dédiées au climat. Ces fameuses COP ont souvent accouché d'une souris. Il est temps à notre niveau de changer nos habitudes. C'est une question de bon sens en espérant que demain ce ne soit pas une question de survie. »
Les Jardiniers partent d'un postulat : l'eau est loin d'être une ressource inépuisable. Si elle arrive encore au robinet, c'est que la pluviométrie est suffisante pour alimenter les nappes phréatiques.
« Attention, le déficit en eau a tendance à se renouveler. Chez nous, la moyenne est de 700 à 800 ml d'eau par an. Or nous en sommes seulement à 500 ml en cette fin octobre et l'écart sera difficile à combler. »
Autre constat, l'augmentation des besoins en eau sur un territoire ciblé. Thierry Prade, fontainier au Syndicat intercommunal d'adduction d'eau potable (Siaep) et qui regroupe Charmeil, Saint-Rémy-en-Rollat et Vendat, en a détaillé les caractéristiques. « L'évolution démographique augmente de fait notre consommation. Notre production jour est d'environ 860 m³ pour un besoin de 800 m³ avec des pointes à 2.100 m³. Pour autant, l'Allier, grâce au syndicat mixte des eaux de l'Allier (SMEA), a été précurseur en termes d'interconnexion avec des syndicats voisins. Cela nous préserve face à des épisodes climatiques, incendies, casses ou pollutions. »
Ces données, en lien avec la consommation des foyers, se différencient de l'activité agricole consommatrice, elle, d'eau prélevée dans les rivières ou nappes.
Bernard Devoucoux, agriculteur bio retraité aujourd'hui, a détaillé les enjeux de l'irrigation. « La période estivale met souvent en contradiction le besoin en eau de certaines cultures et la nécessaire vigilance des collectivités pour l'arrosage d'espaces verts ou des particuliers pour l'arrosage de leur jardin. Tout est question de priorité mais en matière agricole, l'efficience des moyens d'irrigation et leur pilotage par une agriculture de précision constituent des méthodes à développer tout comme l'adaptation des systèmes de culture, le décalage des semis, la sélection variétale. »