J'attends un bébé : et si j'en profitais pour vraiment arrêter de fumer avec l'accompagnement de l'hôpital de Moulins (Allier)
Elles sont « 35 à 45 % » à continuer à fumer, enceintes, dans l’Allier, ce qui est beaucoup. Mais les docteurs ne doivent jamais dire : « Vous fumez, vous faites du mal à votre bébé ».
Jean-Baptiste De Meeûs, chef de pôle mère-enfant à l’hôpital de Moulins, insiste : « La grossesse n’est pas un argument, mais un moyen. Parce qu’on les voit, il y a un suivi, c’est l’occasion de parler avec elles d’un changement d’habitudes, de la prise en charge du tabagisme, ainsi que d’autres addictions comme l’alcool, les troubles des comportements alimentaires… Cela permet aussi un dépistage des violences faites aux femmes. On ne se préoccupe pas de la santé des femmes uniquement quand elles sont enceintes. Prendre soin d’elles, c’est valable aussi après l’accouchement. Le tabac, c’est un véritable problème de santé publique ».
Plusieurs choses à faireLes équipes de gynécologie, en lien avec l’unité d’addictologie de liaison (UAL) de l’hôpital, travaillent ainsi ensemble. Une consultation dédiée a été créée fin 2018.
« La première chose à faire, c’est de tester le taux d’oxyde de carbone dans le sang ». Plus il est haut, plus il y a de risques de retards de croissance pour le bébé.
Puis, l’objectif est de proposer des substituts nicotiniques : même s’ils se présentent sur leurs paquets avec une “femme enceinte barrée”, « c’est mieux que de fumer ».
Des accompagnements ont été mis en place, tels l’hypnose ou l’acupuncture. Les équipes peuvent aussi proposer des rendez-vous chez des psychologues ou des psychiatres.
Mathilde Duchatelle
Agenda
Samedi 23 novembre, de 10 à 18 heures, place d’Allier à Moulins : village tabac organisé par la Ligue contre le cancer avec les sages-femmes de l’hôpital (aide au sevrage tabagique par hypnose ou par acupuncture. Tél. 04.70.35.76.43 (maternité).