Un loup a-t-il été photographié à la suite d'une attaque de brebis, ce samedi matin, à Collandres (Cantal) ?
« On est soulagé ! », souffle Adrien Brugière. Lors de la tournée matinale, ce samedi 22 juin, son père Denis, exploitant ovin, à Collandres (Cantal), découvre trois brebis mortes. « Mon père est allé voir le troupeau, vers minuit et demi, et tout allait bien ! », précise Adrien, qui se prépare à reprendre la ferme familiale.
Ce n'est pas la faible mortalité causée par cette prédation qui le soulage, mais les deux clichés qu'il a entre les mains. Pour lui, nul doute possible, la silhouette qui se distingue est bien celle d'un loup. « C'est lui, le coupable », clame le jeune éleveur, persuadé d'avoir désormais « la preuve » confirmant ce que son père craignait depuis longtemps. « L'heure sur les photos, 3 h 59 min 19 et 3 h 59 min 20, c'est l'heure universelle, donc il faut rajouter deux heures. Donc il était à peu près à 6 heures, il devait repartir... »
Ce cliché est issu d'un piège photo, que la famille Brugière a installé sur le terrain où paturent les bêtes. Si ces éleveurs ovins ont décidé d'installer, à leur frais, plusieurs appareils, c'est parce qu'ils ont toujours été convaincus de la culpabilité du canidé et n'ont jamais adhéré à l'hypothèse des chiens errants pour expliquer les carnages qu'ils ont subis.
Car la prédation de ce samedi matin est la cinquième (*) depuis celle qui avait eu lieu dans la nuit de jeudi 2 à vendredi 3 mai et provoqué la mort de 21 brebis et agneaux (bilan final). « Quelques jours après, on découvrait dans la presse que l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) avait écarté le loup ! Personne ne nous en a informés directement », déplore Adrien Brugière, dont le père a déposé un recours contre cette décision.
Un grand coup dur pour la famille qui se sent totalement abandonnée. « On était au fond du trou ! On nous a ensuite parlé de chiens errants. On n'y croyait pas du tout. On était convaincu que c'était un loup ». C'est à partir de là, que les Brugière décident d'investir dans des pièges photos et de prendre une assurance pour les brebis. « Par ailleurs, après l'attaque du 15 juin, on a décidé de rentrer les agneaux. Lors de cette nuit-là, un piège photo s'est déclenché, mais la photo est floue »
Tous ces clichés ont été remis à l'ONCFS, chargé de l'expertise. Quant aux éleveurs de Collandres, ils attendent désormais que les services de l'Etat reconnaissent, à leur tour, le loup sur les photos. Ce qui serait une avancée dans ce dossier pour Adrien Brugière : « On vit dans l'angoisse permanente : 23 % du troupeau a été éliminé sur les quatre dernières attaques ! Il y a des similitudes entres les attaques qui ont toutes lieu la nuit et par mauvais temps ».
Une attaque dans la nuit du 2 au 3 mai; une attaque, le 8 mai ; une attaque, le 29 mai ; une attaque, le 15 juin ; une attaque, le 22 juin. Cet élevage avait été victime d'une attaque, en novembre 2018.
Chemcha Rahbi