Une centaine de personnes mobilisées ce samedi à Tulle pour le Soudan et contre les expulsions
Nouredine Altaïb, Soudanais arrivé sur le plateau haut corrézien il y a 4 ans, n'a plus de nouvelles depuis plusieurs semaines de ses amis restés au pays. Encore moins depuis le 3 juin, date à laquelle le Conseil militaire de transition, mis en place suite à la destitution d'Omar Al Bachir, a ordonné l'attaque du sit-in tenu pacifiquement depuis des semaines par le mouvement de contestation. "Officiellement, on parle de 130 morts. Même s'il n'y a plus d'internet depuis 3 semaines, plusieurs témoignages parlent de plusieurs milliers de personnes disparues. Je suis sans nouvel d'un ami avec qui j'avais fait l'université".
Ce samedi soir, Nourdeine Altaïb est présent place de la cathédrale à Tulle. La Cimade, RESF, Peuple et culture Corrèze, la Ligue des droits de l'homme, et Montagne accueil solidarité, y ont organisé un rassemblement pour le Soudan et contre les expulsions. Une centaine de personnes sont présentes.
"On voulait le faire à Tulle parce cela fait quelques semaines que le préfet de la Corrèze a durci le ton sur les exilés et les déboutés"
" On voulait réagir à ce qui s'est passé dans la dernière séquence du soulèvement et on voulait le faire à Tulle parce cela fait quelques semaines que le préfet de la Corrèze a durci le ton sur les exilés et les déboutés", explique Benjamin Rosoux, élu à Tarnac et membre du collectif qui aide les exilés sur le plateau.
A titre humanitaireSabine Pardonche, de l'association Cimade est "indignée que des Soudanais n'obtiennent pas l'asile malgré tout ce qui se passe au Soudan. La semaine dernière, on a encore eu une personnes soudanaise qui a eu l'obligation de quitter la France. On lui demande de retourner au Soudan sous 30 jours et si elle ne s'exécute pas, elle est passible de prison (...). On voudrait que le préfet régularise la situation de tous les Soudanais en Corrèze. Il a tout pouvoir pour le faire à titre humanitaire ".
Pascal Goumy