Il tabasse sa compagne et menace de mort des gendarmes: un quinquagénaire condamné à 30 mois de prison
Au regard de la férocité de l’agression qu’il a commis sur sa concubine domiciliée dans la région de Moulins, la procureure de la République, Lise Wambergue, a asséné que le prévenu aurait sans doute pu être jugé par la cour d’assises pour tentative de meurtre. Mais c’est finalement pour « violence aggravée » que ce quinquagénaire a comparu, vendredi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Moulins.
Il étrangle sa compagne…Le 14 mai dernier, l’histoire débute à la sortie d’un autre tribunal, celui de Cusset, où cet homme au casier judiciaire déjà chargé de seize condamnations vient d’être jugé pour, cette fois-ci, une série d’appels malveillants au centre opérationnel de gendarmerie (COG). Après l’audience, les nerfs en pelote contre les gendarmes et la justice, il achète des bières et les consomme sans modération. Imbibé dans les grandes largeurs, de retour au domicile de sa compagne, c’est aussi sans aucune retenue qu’il la saoule de coups et tente de l’étrangler en l’accusant « d’être du côté des gendarmes ».
… et il menace de mort les gendarmesDes gendarmes que la victime, après avoir réussi à échapper à son agresseur en luttant avec l’énergie du désespoir, puis à se mettre en sécurité, parvient à alerter par téléphone. Dans les instants qui suivent, deux militaires de la brigade territoriale de Moulins se présentent sur place. Toujours fortement alcoolisé, le prévenu mime la détention d’une arme sous sa veste. Il s’adresse à l’un gendarmes en le menaçant de mort : « Tu as intérêt à dégainer plus vite que moi, sinon je te tue ! ». Puis invective la collègue de celui-ci : « Toi, ferme ta gueule, t’as pas la parole, retourne à la cuisine, salope ! »
La mémoire comme un gruyèreParties civiles dans cette affaire, les deux gendarmes sont venus témoigner à la barre de l’extrême violence du prévenu qui n’a pu être interpellé par les forces de l’ordre qu’après l’arrivée de renforts. La présidente du tribunal, Tania Deshaires, a tenté de comprendre ce qui avait bien pu se passer, ce jour-là, dans sa tête. Mais lui a affirmé qu’il avait la mémoire comme un gruyère, pleine de trous : « Je n’ai aucun souvenir…. Je vis sans souvenir ».
Condamné à 30 mois de prisonUne version plausible. Une expertise psychologique et psychiatrique a confirmé des troubles mémo-psychiques apparus à la suite d’un accident de la circulation. Son avocate s’est notamment appuyée sur ce constat médical de troubles neurologiques pour atténuer la responsabilité de son client : « Le syndrome du choc frontal, c’est une complète désinhibition. Il (son client) agit sans filtre… Plutôt que d’une peine de prison, il a donc surtout besoin d’un suivi très strict dans son mode de soins ».
Mais le tribunal a retenu l’entière responsabilité pénale du prévenu en le condamnant à 30 mois de prison : 18 mois ferme et 12 avec sursis. Il a été reconduit à la maison d’arrêt de Moulins-Yzeure dont il avait été extrait pour être jugé.
Antoine Delacou