Projet Chimirec à Queuille (Puy-de-Dôme) : les quatre points à retenir après la réunion publique
Les échanges ont été tendus, vendredi soir, lors de la réunion publique consacrée au projet d'implantation du centre de regroupement et de tri de déchets sur la zone artisanale et commerciale de Queuille. Les riverains ont eu la possibilité de faire part de leurs inquiétudes et de poser leurs questions à Jean-Marie Mouchard, président de la communauté de communes Sioule et Morge, et à trois représentants de la société Chimirec.
Voici ce qu'il faut retenir des trois heures de débat.
Chimirec à Queuille, de quoi s'agit-il ?La société Chimirec est spécialisée dans la collecte de déchets dits "spéciaux". Elle envisage d'implanter sur le ZAC de Queuille une plateforme de collecte, tri et regroupement de déchets. Ceux-ci devraient être collectés auprès des déchetteries, garages automobiles et PME dans le Puy-de-Dôme, dans l'Allier et en Haute-Loire dans le Brivadois.
Eric BESTION directeur de Chimirec Massif central
Les installations prévues seront identiques à celles qui existent déjà à Mende, "en plus performantes", a précisé Eric Bestion, directeur de Chimirec Massif central. La plateforme accueillera des déchets du type huiles de vidange, batteries, pots de peintures...
La méfiance des riverains ne s'est pas éteinte à la lumière de ces explications. S'ils redoutent déjà la dangerosité de ces installations, ils craignent également un projet d'extension qui ne serait pas dévoilé. L'entreprise a acquis une surface de onze hectares, bien supérieure au 1,8 hectare prévu pour le centre de tri. "Je ne peux pas vous jurer que demain, il n'y aura pas une extension. Mais si on a acheté 11 hectares, c'est pour maîtriser l'implantation d'une autre société à côté", a tenté Eric Bestion, directeur de Chimirec Massif central.
Quels seront les risques ?"Ce ne sera pas une usine chimique, ce ne sera pas un site Seveso", assure Christophe Maillet, directeur général adjoint du groupe. "Il n'y aura pas de déchet explosif, ni radioactifs Il n'y aura pas tout ce qui est fermentescible, pas de PCB, pas de pyralène... Les déchets les plus à risque, comme les piles au lithium, seront entreposés dans une cellule pour produits inflammables avec un dispositif d'extinction automatique."
Selon les responsables de la société, les principaux risques de leur activité se situent lors des opérations de collecte et de transport des déchets.
Selon les estimations de Chimirec, l'activité à Queuille devrait générer le passage d'une douzaine de poids lourds sur et d'une vingtaine de voitures en plus sur l'axe qui dessert la ZAC.
Dans le public, certains se sont émus de l'important éloignement des secours appropriés : "La cellule Risque chimique des pompiers est à Riom, c'est-à-dire qu'il leur faudrait trois quarts d'heures pour intervenir en cas de problème." Mais, ils ont également fait part de leurs craintes concertant la présence de COV (composés organiques volatiles) ou sur l'impact de ce centre de collecte sur les installations agricoles voisines.
Pourquoi à Queuille et pas ailleurs ?C'est "la" question sur laquelle les riverains achoppent. Du point de vue du public, ce choix est vraiment le plus mauvais, au regard de la beauté et de la fragilité des lieux classés Natura 2000 et zone humide. "Le paradis de Queuille, c'est le phare des Combrailles", s'est indigné une personne du public.
Le méandre de Queuille
L'assistance a trouvé mille raisons pour que le site soit préservé. Mais la ZAC est là. Nombreux sont ceux qui déplorent sa création à cet endroit en 2004. Elle fait cependant partie des équipements économiques du territoire.
Les responsables de Chimirec ont prospecté trois sites sur le territoire de la communauté de communes Sioule et Morge en vue de leur implantation, avant d'arrêter leur choix sur la zone artisanale et commerciale de Queuille. "On ne peut pas s'implanter au coeur d'une ville. On n'en a pas le droit. Il faut bien qu'on se mette quelque part", grognent les responsables de Chimirec, à court de patience.
Où en est la procédure ?L'enquête publique est close. Les conclusions de son rapporteur seront connues le 27 juin. L'assistance a ouvertement fait comprendre à Jean-Marie Mouchard, le président de la communauté de communes, qu'ils auraient aimé être consultés sur la question de l'implantation de Chimirec avant même que la procédure soit enclenchée et l'acte de vente des terrains sur la ZAC signé. "Nous n'avons pas soupçonné une telle hostilité à ce projet. En toute bonne foi, nous pensions que l'enquête publique suffirait", reconnaît l'élu.
Le projet est donc bien avancé aujourd'hui. L'avis de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) sera déterminant. "Si le préfet donne son accord, nous nous installerons. Si non, nous irons ailleurs", a tranché Christophe Maillet.
Si les procédures avancent comme Chimirec l'espère, les installations pourraient être prêtes dès 2020.
Jean-Baptiste Ledys