Un an ferme pour le coup de couteau sur son voisin à Châteaugay (Puy-de-Dôme)
« L’alcool m’a fait vriller… », déclare d’emblée ce chômeur de longue date, visiblement bien plus calme que lors des faits. Lundi soir, il est complètement ivre. Une énième dispute éclate avec sa femme. Il lui ordonne de quitter leur logement. « Je lui ai mis une gifle, je lui ai dit de prendre l’air. »Les enfants sont là. Eux aussi semblent habitués aux colères et aux violences de leur père. « Quand on s’engueule, ils se mettent dans leur chambre. »Elle s’exécute et lui pousse le son de la musique. Très fort. Par le balcon, des voisines tentent de le raisonner, il leur lance des insultes homophobes et menace de « prendre le fusil ». Puis il jette des pierres sur leur logement. Les cailloux tombent finalement sur des voitures en stationnement dans la rue.Un autre voisin, âgé de 19 ans, vient frapper à la porte. Il refuse de répondre et augmente encore les décibels. Le fils du prévenu entend son père menacer : « Si tu rentres, je te plante ! »Mais le jeune voisin insiste. Le prévenu finit par ouvrir la porte.
« Quand j’ai écouté sonner, je pensais que c’était les gendarmes comme j’ai mis le son à fond. Quand j’ai vu qui c’était, j’ai senti que ça allait mal se passer… »
Il part dans la cuisine et se saisit d’un couteau pendant que le voisin entre dans l’appartement. « J’ai voulu l’intimider, lui faire peur en mettant le couteau de droite à gauche, pour qu’il parte. J’ai eu un réflexe, j’étais sûr qu’il voulait me taper. » Une altercation s’engage et le voisin reçoit un coup de couteau dans la paume de la main gauche en voulant se protéger. À l’audience, un large pansement dissimule ses treize points de suture. « Je suis rentré avec beaucoup de méfiance. Ça a dégénéré, j’ai vu le coup arriver, j’ai contré avec ma main », témoigne-t-il.
« Tout le monde le craint dans cet immeuble, c’est le climat qui ressort de tous les témoignages »
« Tout le monde le craint dans cet immeuble, c’est le climat qui ressort de tous les témoignages », déplore Loïc Eyrignac au parquet. « Je ne vais pas vous dire que c’est un bon père ou un bon mari mais là on a une victime qui avait envie d’en découdre et qui voulait se faire justice elle-même en allant au contact. Il n’a pas pris un couteau pour faire mal mais pour faire peur », plaide Me Marie-Lucie ChadesConformément aux réquisitions du parquet, le tribunal condamne le prévenu à deux ans de prison, dont un an avec sursis et mise à l’épreuve, avec notamment interdiction de paraître à Châteaugay. Un mandat de dépôt a été décerné à l’audience. Julien Moreau