Les riverains disent leurs doutes et leurs craintes sur l'implantation de Chimirec à Queuille (Puy-de-Dôme)
Jean-Marie Mouchard, le président de la communauté de communes Sioule et Morge, peut nourrir de légitimes regrets de ne pas avoir organisé de réunion publique plus tôt au sujet du projet d’implantation d’un centre de collecte de déchets sur la zone artisanale et commerciale de Queuille.
Cette réunion a bien eu lieu, ce vendredi soir, à Saint-Georges-de-Mons, alors que les conclusions de l’enquête publiques sont attendues sous peu. Mais l’élu a pu mesurer à quel point la population nourrit d’interrogations et de craintes à l’égard de ce projet. Le public était nombreux et remonté par le sentiment de s’être fait confisquer la parole.
« Nous n’avons pas soupçonné une telle hostilité à ce projet. Nous pensions que l’enquête publique serait suffisante »
Les premiers échanges montrent l’ampleur des divergences. Là où les élus communautaires voient une opportunité (« quinze emplois directs, et trente à terme »), les riverains et les habitants des communes alentours voient de sérieuses menaces sur l’environnement, sur la santé, et le risque d’un accident industriel.
Réunion publique à Saint-Georges de Mons au sujet de l'implantation de l'entreprise Chimirec sur le zone artisanale et commerciale de Queuille, le 21 juin 2019 Jean-Marie Mouchard, président de la communauté de communes Sioule et Morge
Pas une usine mais un centre de triDésirant faire œuvre de pédagogie, trois responsables sont venus porter la voix de Chimirec. « Vous avez des inquiétudes parce que vous ne savez pas ce que l’on fait, tente Christophe Maillet, P.-D.G. adjoint de Chimirec. Nous ne projetons pas une usine, mais un centre de regroupement et de tri des déchets. » Ils ont détaillé leur site de Mende, précisant que le projet de Queuille était identique, en plus performant, selon Eric Bestion, directeur de Chimirec Massif central.
Réunion publique à Saint-Georges de Mons au sujet de l'implantation de l'entreprise Chimirec sur le zone artisanale et commerciale de Queuille, le 21 juin 2019 Christophe MALLET, DG adjoint de Chimirec
Mais la pierre d’achoppement ne porte pas tant sur l’utilité de cette entreprise dans la chaîne de traitement des déchets, que sur le site choisi.
Beaucoup à perdreCar pour le public, Queuille et les Combrailles ont beaucoup à perdre. « On a une expérience industrielle sur notre territoire. Ne nous faites pas la chanson du risque qui n’existe pas. On la connaît par cœur, cette chanson. Et on l’a payé très cher », rage un intervenant, évoquant le problème de l’amiante.
Réunion publique à Saint-Georges de Mons au sujet de l'implantation de l'entreprise Chimirec sur le zone artisanale et commerciale de Queuille, le 21 juin 2019
Une question revient sans cesse dans le public, lancinante comme une migraine qui ne veut pas passer : pourquoi Queuille, alors que tant de raisons inciteraient à chercher ailleurs ? Pour Chimirec, cette question est tranchée. « Si le préfet donne son accord, nous nous installerons. Si non, nous irons ailleurs », coupe Christophe Maillet.
Jean-Baptiste Ledys