Quelles sont les forces et les faiblesses du centre-ville de Riom ?
La promesse est alléchante : avec le dispositif national « Action Cœur de ville », cinq milliards d’euros doivent être investis en 5 ans pour redynamiser le centre de 222 villes moyennes. Dont Riom. Pour l’heure, difficile d’y voir clair dans ces futures aides… Mais Riom vient de franchir l’une des étapes pour postuler à cet accompagnement financier. Recruté en début d’année, Arnaud Vergne, directeur de projet Cœur de ville à Riom, a en effet livré un diagnostic du centre-ville de Riom, pour lister ses forces et ses faiblesses.
Des logements mal adaptésSans surprise, « le centre-ville perd des habitants, relève Arnaud Vergne. C’est lié à la typologie des logements, avec des immeubles tout en hauteur, avec une seule pièce par étage et difficilement accessibles. Ce n’est plus adapté au marché. » Conséquence, le nombre de logements vacants augmente : il y en a 400 aujourd’hui dans le centre, 692 dans le périmètre « Action Cœur de ville » (*).
Autre constat : « Le centre-ville s’est paupérisé. On a en majorité une population jeune ou des familles monoparentales, aux revenus plus faibles. À l’inverse, il y a quelques hauts revenus. Il manque en fait les classes moyennes, les familles avec enfants, résume Arnaud Vergne. Grâce aux aides fiscales, il y a aussi beaucoup de logements locatifs. Or il faudrait davantage de propriétaires occupants. »
Tout l’enjeu est donc de convaincre les investisseurs de revenir vers le centre-ville, « en leur rappelant qu’ils peuvent bénéficier d’aides pour leurs travaux (dispositif Denormandie, Malraux…) » mais aussi en assouplissant les règles de rénovation dans ce périmètre sauvegardé. Un premier pas pourrait être franchi avec la modification du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), dont la validation par la préfecture est attendue par la Ville : « Cette modification va donner plus de souplesse dans la rénovation, notamment pour l’îlot Grenier, note le maire Pierre Pécoul. Par exemple, il sera possible d’aménager des terrasses en toiture et le nombre de places de stationnement obligatoire par logement rénové sera diminué. »
Rue du Commerce à Riom
Une vacance commerciale « pas inquiétante »C’est un sujet récurrent, et pourtant : inférieur à 10 %, le chiffre de la vacance commerciale en centre-ville n’est pas jugé inquiétant dans ce diagnostic, d’autant qu’une dizaine de boutiques ont ouvert ces dernières semaines. En revanche, le déséquilibre interroge. « On a une contraction de l’offre commerciale au coin des Taules, et un vide dans le bas de la rue du Commerce par exemple. »
Ici, l’enjeu est surtout de ramener du flux, à travers par exemple le retour de services publics en centre-ville.
Un manque d’espaces fédérateurs« Comme dans beaucoup de villes, certains aménagements à Riom datent des années 80 avec de grandes places dévolues au stationnement, note Arnaud Vergne. Il n’y a pas d’espaces publics fédérateurs. » Réaménagées, la place de la Fédération ou la place Félix-Pérol pourraient jouer ce rôle, mais la priorité est fixée au Pré Madame à la place des Martyrs de la Résistance. « Il faut qu’on arrive à créer une continuité entre les Jardins de la Culture et le centre-ville pour que ce dernier profite du flux amené par la nouvelle médiathèque et le cinéma », résume Pierre Pécoul.
RIOM ajustement stationnement
L’équation du stationnementCôté mobilité, le diagnostic souligne que les transports en commun ne traversent par le centre-ville. Mais la grande question reste le stationnement. Car le maire a fait ses comptes : « On a 200 voitures au Pré Madame, 100 à la maison d’arrêt. Si on ajoute les 200 agents de la Ville et de RLV amenés à rejoindre l’ancien centre de détention et 100 places pour les propriétaires de centre-ville, ça veut dire qu’il nous faut 600 places ! »
Reste à trouver la solution : un parking souterrain au Pré Madame ? Des places sur le site du centre de détention ? Une vaste étude est lancée, d’autant que « la voiture ne va pas disparaître du centre-ville, mais elle sera amenée à prendre moins de place, poursuit le maire. Je crois aussi beaucoup aux parkings de dissuasion, avec un stationnement vers la gare et des navettes pour rejoindre le centre-ville. »
Une grande priorité : l’ancien centre de détentionDésormais, l’ensemble des acteurs locaux (services de la Ville mais aussi de Riom Limagne et Volcans, élus, associations…) vont se retrouver pour définir des actions. Les habitants seront aussi associés à la réflexion cet automne, à travers des réunions publiques.
Si tout reste à construire, Pierre Pécoul fixe « une grande priorité : la friche de l’ancien centre de détention. Ce problème peut être une opportunité à saisir, en y regroupant les services de la Ville et RLV. Ce flux peut profiter aux commerces. Si on ne réussit pas le pari de ramener ces 250 agents en centre-ville, on aura raté cette Action Cœur de ville », estime-t-il.
(*) Ce périmètre comprend le centre-ville mais aussi les quartiers des Jardins de la Culture, de la maison d’arrêt, de la gare, de l’ancienne Manu, de l’hôpital et de l’Ehpad.
Arthur Cesbron