Peter Gerwert se livre avant son dernier match sur le banc du Saint-Flour HB
Peter, pourquoi ce départ ?
« Je suis un compétiteur, et le projet sportif proposé par le club de Saint-Étienne me plaît beaucoup. C’est un challenge excitant à relever. À Saint-Flour nous avons, je crois, touché les limites d’un club et d’une ville, qui compte plus de 10.000 habitants dans son bassin de vie. Saint-Étienne, c’est le club d’une ville de 600.000 habitants. Les moyens ne sont pas les mêmes et les ambitions vont avec. Monter en N1 est le premier objectif et chez les jeunes il y a un potentiel incroyable. »
Les départs de plusieurs joueurs ont-ils été un argument de poids dans votre décision ?« Je crois surtout qu’en cinq ans beaucoup de choses ont été faites, et avec de nombreux succès. Mais c’est vrai que cinq ans, c’est sûrement aussi une fin de cycle. L’arrivée de sang neuf au Saint-Flour HB va faire beaucoup de bien à mes yeux. »
Ces cinq ans, c’est quoi, pour vous ?« Encore plus que je n’aurais pensé. En quelques mots, c’est la création d’une filière de formation, le fonctionnement des deux équipes fanion. L’explosion de la structure en terme de gestion et de communication. Les joueurs entraîneurs des jeunes ont apporté la culture du haut niveau et c’est aussi un pas décisif pour la suite ».
Le coach a structuré le clubVous n’êtes donc pas inquiet pour l’avenir du club…« Pas du tout. C’est un club qui m’a tant apporté à moi aussi. Ici, la formation, c’est l’école de l’humilité. Les dirigeants, les bénévoles, ce sont des gens formidables qui ont la foi, qui donnent tout ce qu’ils peuvent et même plus. L’entraîneur qui va me succéder était mon adjoint à Billère, mon club précédent. Il est aujourd’hui conseiller technique. Il va apporter beaucoup dans ce qui fait le cœur du Saint-Flour HB, la formation. Il a été un grand joueur de haut niveau, on peut lui faire confiance. Les dirigeants s’attellent également à bien recruter et, croyez-moi, ils sont à même de surprendre. Le club et les équipes vont continuer à grandir, j’en suis convaincu. »
Ce départ a-t-il été une décision difficile à prendre ?(A cette question, l’homme intransigeant et passionné fend l’armure. Il peine quelques instants à répondre. Ses yeux ne peuvent cacher l’émotion, quelques larmes perlent. Et d’une voix redevenue moins claire, il poursuit.) « Oui, cela a été très difficile. Avec ma femme, nous avons créé tant de liens ici… Nos deux enfants sont des Cantaliens, et le resteront toujours de cœur. Nous avons été tellement heureux ici… Aussi je veux remercier tout le monde, pour avoir mis à ma disposition tous les moyens pour réussir. Ils sont devenus des amis au fil du temps alors, évidemment, c’est dur. Ici, les échanges ont été très riches, et j’ai beaucoup appris. Et puis mes joueurs, vous ne pouvez vous rendre compte comme cela me fait mal de les quitter. Ils m’ont tout donné. Qu’ils soient sur la feuille de match ou non, ils ont toujours fait cause commune pour que l’équipe, le club et les supporters soient fiers d’eux. Ils m’ont épaté. Et eux aussi sont pour moi des cracks, et des amis que je n’oublierai jamais. »