Confrontée à une hausse soudaine des salaires, l'École de musique du Brivadois veut "se créer des réserves"
Régie par la convention collective Éducation, culture, loisirs et animation au service des territoires (Éclat), l’école de musique du Brivadois (EMB) voit cette année les salaires de ses employés, indexés sur le Smic, augmenter de 9,9 %. " Notre budget, c’est 76 % de masse salariale. Cette hausse représente environ 7,5 %. Le budget est de 520.000 €. La hausse est de 40.000 €. Ce n’est la faute à personne, c’est la vie. Il nous faut composer avec ", détaille le président, Sébastien Auzard, avant d’insister : " Notre gestion est saine, il n’y a aucune dépense excessive. "
Vingt-six. C’est le nombre d’enseignants à l’EMB, qui se répartissent sur environ 10 équivalents temps plein. Parmi les instruments enseignés se trouvent : accordéon, batterie, percussions, chant, clarinette, saxophone, flûte, trombone, trompette, hautbois, violon, violoncelle, piano ou harpe.
Sur l’exercice 2022-2023, l’EMB affichait un résultat excédentaire. Mais pour l’année en cours et surtout celles à venir, l’équilibre n’est plus atteint. " Il faut que de manière structurelle, l’école perdure. Nous devons créer des réserves pour assurer les dépenses à venir. " Dans l’immédiat, l’EMB est en discussion avec la communauté de communes Brioude sud Auvergne (CCBSA). Et l’équipe dirigeante travaille à trouver des solutions pérennes.
Interrogés sur une hausse du coût des cours, le président comme le directeur, Martial Mathieu Kaya, grimacent. " Nous étions à 311 € de cotisation standard pour un élève en 2022. On est passé à 330 € en septembre 2023 ; nos tarifs ont déjà augmenté. " Et le président d’insister sur le fait que la participation de la communauté de communes est déjà élevée : " En 2022, le coût d’un élève était d’environ 1.500 € à l’année. Pour 311 € à la charge de l’élève, la communauté de communes Brioude sud Auvergne payait 1.068 € (ou 500 € pour des élèves venant de l’extérieur de la CCBSA). Le reste se divisait entre la participation du conseil départemental et les concerts organisés par l’école."
Davantage d’élèvesEn dépit de ce budget à équilibrer, l’EMB vit bien, comme le rappelaient, ce lundi 15 janvier, Sébastien Auzard et Martial Mathieu Kaya. " L’antenne de Langeac, en reprise de l’activité de Mélodica, voit son nombre d’élèves augmenter : d’une vingtaine en septembre 2022 à une trentaine en septembre 2023. Et le climat social au sein de l’EMB est détendu. " L’école compte, Langeac compris, 350 élèves, dont 80 venant de l’extérieur de la Communauté de communes Brioude sud Auvergne, explique le directeur :
On a retrouvé le niveau d’avant Covid et on va même au-delà avec les élèves langeadois. C’est dû au travail de tous : les enseignants, les bénévoles, le secrétariat.
Au-delà des seize disciplines enseignées à l’EMB, l’association assure des interventions hebdomadaires en crèche et en milieu scolaire sur tout le territoire de la communauté de communes grâce à son dumiste (titulaire d’un diplôme universitaire de musicien intervenant). Elle propose aussi " l’orchestre à l’école ". Et poursuit son partenariat avec la cité scolaire Lafayette au sein des classes à horaires aménagés musique (Cham). " Il y a une quarantaine d’élèves, répartis de la 6e à la 3e, explique Martial Mathieu Kaya. C’est une Cham tournée vers la pratique vocale. Elle prépare cette année un gros travail autour du film Les Choristes. " S’il semble difficile de lancer de nouveaux projets pour 2024, compte tenu des finances, l’EMB proposera son rendez-vous annuel, désormais bien ancré : les Musicales. Du 6 au 13 avril, elles proposeront des concerts en de nombreux lieux : Maison de Mandrin, médiathèque, Halle aux grains, Espace socioculturel, basilique, chapelle de la Visitation…
Pierre Hébrard